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06.08.2026
Série

RAV & création d'entreprise : comment exploiter le potentiel caché de la mesure FSE

Un guide détaillé de la mesure FSE : conditions, pièges et le réseau de sécurité sur 4 ans de la ALV suisse.

Un bouquetin dans les montagnes symbolisant la persévérance et le succès lors de la création FSE dans les Grisons

Cet article est la 3e partie de la série « Devenir réellement indépendant après le chômage ».

L'intégration des personnes à la recherche d'un emploi sur le premier marché du travail constitue la mission prioritaire de la ALV suisse (Assurance-chômage). La mesure du marché du travail (AMM) de « soutien à l'activité indépendante » (FSE), régie par les articles 71a à 71d de la loi sur l'assurance-chômage (AVIG) en combinaison avec les articles 95a à 95e de l'ordonnance sur l'assurance-chômage (AVIV), représente un instrument spécifique et extrêmement complexe pour atteindre cet objectif supérieur.

Cette mesure a pour but de permettre aux personnes sans emploi de planifier et de préparer de manière structurée une activité indépendante durable et viable sur le plan économique, sans être soumises durant la phase de planification à la pression existentielle d'une perte immédiate de revenu ou à la rigide obligation de recherche d'emploi. Le soutien financier s'effectue principalement par le versement d'indemnités journalières ordinaires de chômage pendant une phase de planification définie, ainsi que, à titre subsidiaire, par la prise en charge éventuelle des risques de pertes liés à des cautionnements.

Le présent rapport analyse la mesure FSE avec une extrême rigueur scientifique et juridique. L'étude se fonde entièrement sur les bases légales fédérales, la jurisprudence actuelle du Tribunal fédéral, les directives obligatoires du SECO (pratique AVIG AMM et ALE) ainsi que les dispositions d'exécution cantonales spécifiques du canton des Grisons. Un accent régional particulier est mis sur la gestion administrative pour les demandeurs d'emploi de la région Viamala, notamment de la commune de Domleschg, en interaction avec le Régionales Arbeitsvermittlungszentrum (RAV) compétent de Thusis, l'Office de l'industrie, des arts et métiers et du travail (KIGA) des Grisons et la Sozialversicherungsanstalt (SVA) des Grisons.

Conditions requises pour percevoir des indemnités journalières pendant la phase de planification

L'octroi d'indemnités journalières pour le soutien à l'activité indépendante est subordonné à des conditions normatives strictes qui doivent être remplies de manière cumulative. L'examen matériel de ces conditions incombe à l'autorité cantonale, à savoir le KIGA dans le canton des Grisons, en étroite coordination avec la caisse de chômage compétente. La mesure ne sert explicitement pas à procurer des avantages économiques injustifiés aux personnes assurées ni à subventionner des secteurs d'activité particuliers, mais vise en premier lieu à mettre un terme durable au chômage.

La personne requérante doit d'abord remplir les conditions générales du droit à l'indemnité de chômage selon l'art. 8 AVIG. Cela implique que la personne concernée doit impérativement être au chômage et subir une perte de travail imputable d'au moins deux jours de travail entiers consécutifs, entraînant une perte de gain. Concernant la période de cotisation, la loi exige la preuve d'au moins 12 mois de cotisation au cours du délai-cadre ordinaire de deux ans réservé à la période de cotisation. Le législateur accorde toutefois des exceptions : les personnes libérées des conditions de cotisation par la loi – par exemple en raison d'une formation scolaire, d'une maladie ou de la suppression d'une rente de l'assurance-invalidité (IV) – peuvent également prétendre à des indemnités journalières durant la phase de planification, compte tenu d'éventuels délais d'attente spécifiques.

Une condition démographique impérative est que la personne assurée ait atteint l'âge de 20 ans révolus au moment du versement des prestations. De plus, un domicile légal en Suisse est indispensable ; les frontaliers sont exclus de cette prestation spécifique de la ALV suisse et doivent faire valoir leurs droits dans leur pays de résidence.

L'aptitude générale au placement de la personne requérante constitue une prémisse fondamentale. La personne doit en principe être disposée, en mesure et en droit d'accepter un travail convenable jusqu'au moment de la décision ferme d'octroi de la mesure FSE par le KIGA. Le SECO rappelle très clairement dans sa pratique AVIG AMM (n° K31) qu'une inaptitude au placement existante ne peut pas être légitimée par une décision FSE rendue avec effet rétroactif. Cela s'applique en particulier dans les situations où la personne assurée a déjà commencé de son propre chef la mise en œuvre de la phase de planification sans avoir déposé de demande formelle auprès du RAV compétent dans un délai utile. L'acceptation d'un emploi salarié convenable prime toujours sur la promotion d'une activité indépendante dans la pratique du KIGA.

| Critère | Définition juridique et application dans le contexte FSE | |---|---| | Chômage | Perte de travail et de gain imputable d'au moins 2 jours ; inscription au RAV. | | Période de cotisation | 12 mois de cotisation en 2 ans ou présence d'un motif légal de libération (art. 14 AVIG). | | Âge & Domicile | 20 ans révolus ; domicile obligatoire en Suisse (frontaliers exclus). | | Aptitude au placement | Disposition et capacité fondamentales à accepter un travail convenable jusqu'à la décision formelle FSE. | | Causalité | Aucune faute personnelle dans la survenance du chômage aux fins de création d'entreprise. | | Statut du projet | Orientation obligatoire vers une nouvelle création ; pas de reprise d'entreprises existantes. |

Un obstacle juridique majeur lors de l'examen de la demande réside dans le lien de causalité entre la survenance du chômage et le désir de devenir indépendant. Selon la pratique établie du SECO (AVIG AMM, n° K07), le soutien financier au sens des art. 71a et suivants de la AVIG est strictement exclu si la personne assurée a résilié son dernier emploi salarié précisément dans le but de se lancer à son compte. L'assurance-chômage est conçue comme une assurance de dommages et ne peut légalement être considérée comme un fonds d'État pour la création d'entreprises.

Si un emploi est abandonné de manière fautive et sans motif justifié (art. 30 al. 1 let. a AVIG), l'autorité cantonale prononce obligatoirement des jours de suspension du droit aux prestations. Le Tribunal fédéral a confirmé dans une jurisprudence constante que la durée de la suspension est proportionnelle au degré de faute et peut atteindre jusqu'à 60 jours en cas de faute grave. S'il existe un lien de causalité direct entre cette démission fautive et la demande FSE, la requête est rejetée dans son intégralité. Ce lien de causalité faisant obstacle n'est considéré comme juridiquement interrompu que si la personne assurée ne se décide à devenir indépendante qu'après plusieurs mois de perception régulière d'indemnités journalières et de recherches d'emploi manifestement infructueuses, ou si elle a exercé entre-temps une activité salariée sur le marché libre du travail pendant au moins six mois consécutifs.

Une autre distinction essentielle concerne la nature de l'entreprise : création versus reprise d'entreprise. Les indemnités journalières de la phase de planification servent conceptuellement et exclusivement à la préparation d'une toute nouvelle existence économique. La jurisprudence du Tribunal fédéral et les directives explicites du SECO (n° K23) stipulent qu'en cas de reprise d'une entreprise déjà existante et opérationnelle, ou d'association dans une telle structure, aucune indemnité journalière pour la phase de planification ne peut être accordée. La raison juridique et économique réside dans le fait que, pour une entreprise établie, la phase primaire de planification et de préparation de la conquête du marché est déjà achevée. Les mutations administratives à effectuer, telles que les inscriptions au registre du commerce ou les rendez-vous notariés lors d'une reprise, sont considérées comme de simples actes d'exécution d'une décision entrepreneuriale déjà prise et ne justifient pas une dispense de plusieurs mois des obligations de l'assurance-chômage.

Si toutes les conditions normatives préalables sont remplies, l'autorité cantonale accorde une phase de planification de 90 indemnités journalières au maximum, ce qui correspond à une durée d'environ quatre mois. S'il reste moins de 90 indemnités journalières dans le délai-cadre ordinaire de deux ans réservé à la perception des prestations de la personne assurée, ces indemnités de planification ne peuvent être accordées que dans la limite du solde du droit restant, car un dépassement du délai-cadre légal est inadmissible. Si plusieurs personnes au chômage décident de monter ensemble un projet unique, chacune d'elles dispose d'un droit individuel de 90 indemnités journalières au maximum.

Pendant cette phase accordée, un privilège administratif important s'applique : la personne assurée est entièrement libérée des prescriptions de contrôle ordinaires prévues à l'art. 17 AVIG. Elle n'a pas à apporter de preuves de recherches personnelles d'emploi à la caisse de chômage et est dispensée de participer aux entretiens de conseil et de placement au RAV. Durant cette période, elle continue de recevoir 70 ou 80 % de son gain assuré sous forme d'indemnités journalières afin de pouvoir se consacrer à plein temps à l'élaboration de son entreprise. Avant ou pendant cette phase de planification, le KIGA peut autoriser la participation à des cours ou des coachings spécifiques (par exemple le programme de soutien FsE de l'IFJ) afin d'apporter le bagage méthodique nécessaire à l'ouverture de l'entreprise ; pendant la durée de ces cours, la phase de planification FSE est formellement suspendue et la personne perçoit des prestations ordinaires de la ALV, après quoi le solde des indemnités FSE peut continuer à être perçu.

Le Businessplan : dépôt, examen de la viabilité et dimensions financières

La simple manifestation de volonté de se mettre à son compte à partir du chômage ne suffit en aucun cas pour déclencher la mesure FSE. Le législateur exige impérativement la présentation d'un dossier de projet bien documenté.

Conformément à l'art. 71a al. 1 AVIG et aux instructions du SECO (n° K36), la personne requérante doit présenter un projet sommaire (Grobprojekt), généralement sous la forme d'un Businessplan ou d'un document de concept détaillé. Ce projet sommaire doit impérativement viser à construire une activité viable et durable sur le plan économique. Sur le plan du contenu, l'administration exige des informations structurées et réalistes sur différents domaines de l'entreprise. L'entrée en matière consiste en la description de l'idée commerciale, qui définit avec précision les produits ou services proposés ainsi que l'élément différenciateur (Unique Selling Proposition). S'ensuit une analyse de marché identifiant la concurrence directe, évaluant ses forces et faiblesses, et définissant la clientèle cible ainsi que les marchés géographiques. Les aspects opérationnels tels que l'organisation du personnel, la logistique, l'infrastructure nécessaire et les locaux, ainsi que la forme juridique projetée et le siège de l'entreprise doivent également être exposés.

Le cœur quantitatif du Businessplan repose sur la planification financière : un budget détaillé de trésorerie et de fonctionnement pour la première année opérationnelle, une ventilation des capitaux propres et empruntés nécessaires, ainsi qu'une planification réaliste du chiffre d'affaires et des produits doivent être élaborés. Le dossier est complété par un plan d'action chronologique qui présente de manière transparente les étapes clés et les tâches à accomplir jusqu'au lancement définitif de l'entreprise. En plus de ces documents spécifiques, la demande FSE doit être complétée par des annexes formelles telles qu'un CV actualisé, les diplômes pertinents et les certificats de travail afin d'attester de l'aptitude personnelle et des qualifications professionnelles de la personne créatrice.

Pour un demandeur d'emploi domicilié dans la commune politique de Domleschg (issue des fusions des fractions d'Almens, Paspels, Pratval, Rodels et Tomils), la procédure administrative commence impérativement au Régionales Arbeitsvermittlungszentrum (RAV) Thusis, situé à la Feldstrasse 2 ou 4, 7430 Thusis. Le conseiller en personnel du RAV enregistre le souhait d'indépendance, évalue l'aptitude lors d'un premier entretien et remet le questionnaire détaillé. La demande FSE dûment complétée, incluant le Businessplan et toutes ses annexes, est ensuite déposée par l'intermédiaire du RAV. Le RAV Thusis procède à un examen préalable formel pour vérifier si les critères du droit à l'assurance sont remplis avant de transmettre le dossier à l'autorité décisionnelle cantonale supérieure. Dans le canton des Grisons, la décision matérielle finale concernant l'octroi des mesures FSE incombe à l'Office de l'industrie, des arts et métiers et du travail (KIGA), plus précisément à la section des mesures du marché du travail (AMM) basée à la Ringstrasse 10 à 7001 Coire.

L'évaluation du contenu et de la microéconomie du projet soumis est réalisée par les spécialistes de la section AMM du KIGA des Grisons. L'accent est mis sur la viabilité économique et la pérennité du modèle d'affaires dans l'environnement du marché régional et suprarégional. Si la faisabilité opérationnelle semble douteuse au vu des chiffres présentés, ou s'il s'avère que la personne assurée ne serait que partiellement occupée par l'entreprise projetée (sous-emploi) et resterait ainsi au chômage partiel pour une durée indéterminée, le KIGA est légalement tenu de rejeter le projet. Les indemnités journalières de la ALV ne doivent en aucun cas servir à maintenir artificiellement un sous-emploi permanent ou un projet de loisir non rentable grâce aux subventions de la communauté des assurés.

Outre le versement d'indemnités journalières, la AVIG prévoit à l'art. 71a al. 2 une forme de prestation subsidiaire : la prise en charge du risque de perte par le biais d'un cautionnement. Si la personne assurée demande cette option, le Businessplan est soumis à un examen de crédit bancaire encore plus rigoureux. Dans ce cas, le KIGA des Grisons transmet le dossier à une organisation de cautionnement reconnue et subventionnée par la Confédération. Pour le canton des Grisons, c'est principalement la BG OST-SÜD Bürgschaftsgenossenschaft für KMU, située à Saint-Gall, qui est compétente et fonctionne selon des principes d'économie d'entreprise sans but lucratif. Cette coopérative peut accorder des cautionnements jusqu'à un montant maximal de 1 million de francs suisses, le fonds de compensation de la ALV prenant en charge 20 % de ce risque en cas de perte (au maximum 200 000 francs). La BG OST-SÜD évalue le modèle d'affaires, les chiffres prévisionnels pour les trois années à venir, la planification de la trésorerie ainsi que la solvabilité des promoteurs au moyen de calculs de viabilité détaillés.

La prise en charge d'un tel cautionnement entraîne des coûts pour les requérants : l'examen implique un émolument de base de 500 francs pour les crédits jusqu'à 30 000 francs, plus 100 francs pour chaque tranche supplémentaire de 10 000 francs, le SECO prenant en charge ces frais dans le cadre de la mesure FSE ; pour le cautionnement en cours, une prime de risque annuelle de 1,25 % du montant cautionné est prélevée ultérieurement. Un aspect temporel déterminant : si une personne sans emploi souhaite cumuler les indemnités journalières de la phase de planification avec une telle garantie contre le risque de perte, la demande correspondante doit impérativement être déposée dans les 19 premières semaines de chômage contrôlé ; si seul un cautionnement sans indemnités journalières est demandé, le délai de dépôt est de 35 semaines.

| Type de prestation FSE | Cumulabilité | Délai formel de dépôt | Instance d'examen compétente | |---|---|---|---| | Indemnités de planification seules (Max. 90 jours) | Peut être demandé comme mesure unique. | Pas de délai fixe (mais doit être traité dans le délai-cadre ordinaire). | KIGA Grisons (Secteur AMM) | | Cautionnement + Indemnités (Cumul) | Combine la dispense de recherches avec la sécurisation du capital. | Impérativement dans les 19 premières semaines de chômage contrôlé. | KIGA Grisons & BG OST-SÜD | | Cautionnement seul (Garantie du risque de perte) | Pour les projets déjà entièrement planifiés. | Impérativement dans les 35 premières semaines de chômage contrôlé. | KIGA Grisons & BG OST-SÜD |

Pièges lors de l'affiliation à l'AVS et dimensions en matière d'assurances sociales

Le processus de transition du statut de chômeur salarié vers l'indépendance est marqué en Suisse par un réseau dense et souvent peu intuitif d'obligations sociales et fiscales. La reconnaissance officielle en tant que « travailleur indépendant » ne découle absolument pas de manière automatique d'une inscription au registre du commerce, mais nécessite une procédure spécifique auprès de l'Assurance-vieillesse et survivants (AVS). Pour les personnes dont le siège social est situé à Domleschg, la Sozialversicherungsanstalt (SVA) Graubünden, sise à la Ottostrasse 24 à Coire, est l'autorité matériellement et territorialement compétente. C'est là que se cachent d'importants pièges qui, en cas de planification insuffisante, peuvent conduire à des demandes de restitution de prestations de la ALV, au refus de retrait de capitaux de la caisse de pension ou à de lourds rappels d'impôts.

Le dilemme aux conséquences juridiques les plus lourdes survient dès le choix de la forme juridique. Bien que la pratique du SECO (n° K12) accorde aux participants FSE une liberté formelle dans le choix de leur structure légale, les conséquences dans le droit des assurances sociales sont dichotomiques : si le fondateur opte pour une entreprise individuelle ou une société en nom collectif, la SVA des Grisons le qualifie d'indépendant. Il supporte l'intégralité du risque entrepreneurial et paie des cotisations personnelles AVS/AI/APG allant jusqu'à 10 % sur son revenu net d'indépendant. Sous ce statut, l'obligation de cotiser à l'assurance-chômage disparaît ; en conséquence, en cas d'échec commercial, il n'existe plus aucune protection contre le chômage, et la conclusion d'une assurance-accidents obligatoire (LAA) s'efface au profit de solutions facultatives ou de la prolongation de la couverture accidents ALV via une assurance par convention auprès de la Suva pour une durée maximale de six mois.

En revanche, si le créateur constitue une personne morale (Sàrl ou SA), il devient, du point de vue dogmatique de la SVA des Grisons, un salarié de sa propre société. Cela l'oblige, lui et sa société, à s'acquitter de toutes les cotisations sociales paritaires, y compris les cotisations ALV et les cotisations à la prévoyance professionnelle (caisse de pension, LPP), à condition que le salaire dépasse le seuil d'accès de 22 050 francs par an. Toutefois, le « piège de la ALV » qui s'y cache (inscrit à l'art. 31 al. 3 let. c AVIG) stipule que ces associés, malgré le versement consciencieux de leurs cotisations, n'ont aucun droit aux indemnités en cas de réduction horaire ou aux indemnités de chômage ordinaires en cas de baisse drastique des commandes ou de crise, tant qu'ils peuvent influencer de manière déterminante les décisions stratégiques de l'entreprise en leur qualité de gérants ou d'administrateurs. Le législateur empêche ainsi le risque d'abus qui permettrait aux entrepreneurs de se mettre eux-mêmes en chômage partiel aux frais de la ALV. Ce n'est qu'en cas de séparation définitive et irréversible d'avec l'entreprise – par liquidation, faillite ou vente totale des parts et radiation du droit de signature au registre du commerce – qu'un droit aux indemnités de chômage devient juridiquement exécutoire.

Un autre piège juridique profond concerne la problématique de la « fausse indépendance » (Scheinselbständigkeit). Lorsque les créateurs choisissent la voie de l'entreprise individuelle, la reconnaissance du statut par la SVA des Grisons se fait obligatoirement ex post, c'est-à-dire seulement après le début effectif de l'activité commerciale. La SVA ne se base pas sur les déclarations contractuelles entre le mandataire et ses clients, mais analyse strictement les réalités économiques effectives. Pour être qualifié d'indépendant au sens du droit des assurances sociales, des critères impératifs doivent être remplis de manière cumulative : le créateur doit réaliser des investissements significatifs dans sa propre infrastructure commerciale, supporter personnellement le risque d'encaissement et de perte financière, se présenter sur le marché sous sa propre raison sociale et ne pas être soumis aux instructions de tiers dans l'exécution de ses mandats. La règle d'or des caisses de compensation repose sur la pluralité des clients. Si le titulaire d'une entreprise individuelle réalise plus de 50 % de son revenu annuel auprès d'un seul client ou dispose de moins de trois clients indépendants, une forte présomption de dépendance économique et de fausse indépendance s'établit. Si la SVA refuse la reconnaissance ou la retire ultérieurement dans le cadre d'un contrôle d'employeur ordinaire, les conséquences fiscales et financières sont draconiennes : le « client » formel est requalifié ex tunc en employeur légal et se voit contraint d'acquitter rétroactivement, jusqu'à cinq ans en arrière, les cotisations salariales et patronales AVS/AI/APG, ALV ainsi que les primes LPP sur les honoraires versés. Pour le participant FSE, cela signifie non seulement la perte de son statut d'indépendant, me expose également au risque que le KIGA des Grisons remette en cause les indemnités journalières accordées pendant la phase de planification, s'il apparaît que la soi-disant création d'entreprise était dès le départ destinée à dissimuler un emploi fixe sous le couvert d'un mandat.

Pour de nombreux créateurs, le capital accumulé dans les caisses de pension (LPP) constitue la principale source de financement de leur indépendance. Là encore, la réglementation comporte des obstacles complexes. Le versement en espèces de la prestation de libre passage en vue de la création d'une entreprise est autorisé par la loi sur le libre passage (LFLP), mais reste soumis à de strictes restrictions formelles. Premièrement, ce retrait n'est dogmatiquement possible que lors de la création d'une entreprise individuelle ou d'une société en nom collectif ; comme exposé précédemment, le créateur d'une SA ou d'une Sàrl conserve la position d'un employé salarié, ce qui lui interdit catégoriquement le retrait anticipé des fonds à cet effet. Deuxièmement, les institutions de prévoyance exigent comme conditio sine qua non une attestation officielle de la SVA des Grisons confirmant que la personne concernée est affiliée à la caisse de compensation à titre d'activité indépendante principale.

L'aspect le plus critique réside toutefois dans le délai d'extinction absolu : la demande de versement en espèces du capital de prévoyance doit impérativement être déposée auprès de la caisse de pension ou de la fondation de libre passage dans les 12 mois suivant le début effectif de l'activité indépendante. Si le créateur manque ce délai – par exemple parce qu'il a retardé son entrée sur le marché ou parce que le processus de reconnaissance auprès de la SVA des Grisons s'est éternisé en raison de demandes de justifications sur des factures ou des devis –, l'accès aux fonds de la caisse de pension pour cet objectif est irrévocablement perdu. En conséquence, ceux qui souhaitent se constituer une prévoyance privée en l'absence d'affiliation LPP peuvent, en tant qu'indépendants sans caisse de pension, verser via le 3e pilier A jusqu'à 20 % de leur revenu annuel net (avec un plafond fixé à 36 288 francs pour l'année fiscale 2026) en bénéficiant d'avantages fiscaux pour leurs vieux jours.

En plus de ces considérations de droit social, l'aspect fiscal ne doit pas être négligé : les indemnités journalières de chômage perçues du KIGA pendant la phase de planification sont également considérées comme un revenu imposable du point de vue fiscal, c'est pourquoi les bénéficiaires doivent constituer des réserves financières adéquates pour les impôts cantonaux et l'impôt fédéral direct.

Désinscription du RAV Domleschg et les conséquences juridiques après la phase de planification

Pour les personnes à la recherche d'un emploi domiciliées dans les communes du Domleschg, le Régionales Arbeitsvermittlungszentrum (RAV) Thusis constitue l'interface primaire avec l'assurance-chômage. L'échéance calendaire de la phase de planification accordée de 90 jours maximum marque un tournant juridique de premier ordre, au cours duquel une décision finale et ferme doit être prise concernant l'avenir professionnel de la personne assurée.

Immédiatement après l'expiration de la phase de planification autorisée, mais au plus tard au moment de la perception de la dernière indemnité journalière FSE, la personne assurée est légalement tenue de déclarer par écrit à la section des mesures du marché du travail du KIGA des Grisons à Coire ainsi qu'au conseiller en personnel référent du RAV Thusis si le projet esquissé dans le Businessplan sera mis en œuvre de manière opérationnelle et si l'activité indépendante à titre principal sera entreprise ou non. Ce moment exige une décision strictement binaire. Une poursuite hybride, dans laquelle la personne continuerait de mener à temps partiel son projet FSE potentiellement pas tout à fait mûr, déclarerait son indépendance comme un gain intermédiaire et continuerait simultanément à demander des indemnités journalières de l'assurance-chômage ordinaire, est catégoriquement interdite par le législateur après la perception d'indemnités de planification.

Scénario A : Lancement réussi de l'indépendance et le réseau de sécurité de la ALV

Si le créateur opte pour la réalisation opérationnelle de son projet, la désinscription officielle du service public de placement s'effectue auprès du RAV Thusis, mettant fin au statut de personne inscrite au chômage. Avec cette étape, toutes les obligations liées au marché du travail caducent, tout comme le droit aux versements mensuels d'indemnités journalières ordinaires.

Afin de favoriser la prise de risque économiquement souhaitable liée à la création d'entreprise et d'atténuer les conséquences dramatiques d'un échec entrepreneurial précoce, la AVIG intègre à cet endroit un mécanisme de protection juridique substantiel. Pour les personnes qui effectuent le passage à l'indépendance après une phase de planification soutenue par la ALV, le délai-cadre ordinaire de deux ans pour la perception des prestations est massivement prolongé pour passer à quatre ans (art. 71d al. 2 AVIG).

Si la start-up s'avère ne pas être viable au cours de cette fenêtre élargie de quatre ans, ce réseau de sécurité permet à la personne de renoncer formellement et définitivement à son activité indépendante et de s'inscrire à nouveau comme demandeur d'emploi auprès de sa commune de résidence et du RAV Thusis. Dans ce cas, elle peut recourir au solde du droit de ses indemnités journalières initialement ouvertes (les 90 indemnités journalières FSE déjà consommées étant déduites), sans avoir à remplir la condition d'une nouvelle période de cotisation de douze mois issue d'un travail salarié. Cette disposition préserve efficacement les créateurs ayant échoué d'un épuisement direct de leurs droits et d'un recours à l'aide sociale cantonale. Le Tribunal fédéral a confirmé dans des arrêts fondateurs (tels que ATF 133 V 133) que cette prolongation du délai-cadre à quatre ans, visant à éviter toute inégalité de traitement, s'applique non seulement aux exploitants d'entreprises individuelles, mais doit également être invoquée explicitement pour les personnes assimilables à un employeur qui ont créé une Sàrl ou une SA et l'ont indiscutablement liquidée.

Scénario B : Abandon du projet et retour à l'obligation de contrôle

Si le requérant conclut, à la fin de la phase de planification et après une étude de marché approfondie, que son projet ne résiste pas à l'épreuve de la réalité économique ou que le financement nécessaire ne peut être réuni, il doit renoncer au lancement de son activité indépendante à titre principal. Les conséquences juridiques de cet abandon sont strictes et exigent une action immédiate.

Premièrement, le projet soutenu via la mesure FSE doit être abandonné intégralement et définitivement ; sa poursuite en tant que hobby ou activité accessoire réduite tout en percevant des indemnités journalières de la ALV est interdite par la loi. Deuxièmement, à compter du premier jour suivant la fin de la phase de planification, la personne est de nouveau entièrement soumise aux vastes prescriptions de contrôle de l'assurance-chômage. La suspension des devoirs est levée ; la personne assurée doit immédiatement refournir la preuve au RAV Thusis de ses recherches personnelles d'emploi sous forme de candidatures qualifiées et est contrainte d'accepter sans délai tout travail salarié convenable afin de réduire le dommage.

Le comportement du requérant pendant et à la fin de la phase de planification revêt une importance juridique particulière. Si la personne interrompt la phase de planification par sa propre faute ou si elle renonce à la création effective de l'entreprise après avoir perçu l'intégralité des 90 indemnités journalières pour des motifs purement subjectifs et fautifs, la AVIG prévoit des mécanismes de sanction severes. Conformément à l'art. 30 al. 1 let. g AVIG, l'autorité cantonale prononce dans de tels cas une suspension du droit aux indemnités. Cette sanction prive la personne au chômage de son indemnité journalière pendant un nombre de jours défini, le degré de la peine étant proportionnel à la gravité de la faute, mais légalement limité dans cette constellation spécifique à un maximum de 25 jours de suspension.

| Étapes clés & Délais critiques | Durée / Échéance | Pertinence au regard du droit des assurances sociales dans le processus FSE | |---|---|---| | Demande de cautionnement avec indemnités | Dans les 19 semaines | Délai à compter du début du chômage pour déposer la demande en cas d'utilisation combinée (ALV et BG OST-SÜD). | | Durée maximale de la phase de planification | 90 indemnités journalières | Correspond à environ quatre mois ; libération totale des obligations de contrôle du RAV et des recherches d'emploi. | | Point de décision (Réalisation) | Dernier jour de la phase | Communication écrite obligatoire au KIGA Grisons et au RAV Thusis concernant le lancement ou l'abandon du projet. | | Retrait anticipé caisse de pension (LPP) | 12 mois | Délai d'extinction absolu après le début de l'indépendance pour déposer la demande de versement auprès de la caisse de pension. | | Prolongation du délai-cadre ALV | 4 ans | Délai-cadre prolongé pour la perception des prestations faisant office de filet de sécurité en cas de cessation formelle et définitive de l'entreprise. | | Sanction en cas d'abandon fautif | Max. 25 jours de suspension | Blocage des indemnités journalières selon l'art. 30 al. 1 let. g AVIG si le projet soutenu est abandonné sans motif objectif. |

S'il devait s'avérer, lors de contrôles ultérieurs des caisses de compensation ou des caisses de chômage, que les indemnités journalières de la phase de planification ont été perçues sous de fausses déclarations – par exemple si le KIGA constate que l'entreprise prétendument projetée était déjà pleinement opérationnelle avant l'approbation FSE ou qu'il existait en fait un emploi salarié dissimulé sous le couvert de l'indépendance –, la loi qualifie impérativement les sommes perçues de perception d'injustifié. Conformément à la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (art. 25 al. 1 LPGA / ATSG), la caisse de chômage est tenue de réclamer le remboursement de ces montants.

Les délais de prescription pour ces restitutions sont stricts : le droit de demander la restitution se prescrit en principe par trois ans (délai relatif) après que la caisse en a eu connaissance, mais au plus tard par cinq ans après le versement de chaque indemnité (délai absolu). La jurisprudence du Tribunal fédéral précise en outre que pour les restitutions découlant d'actes punissables (comme la fraude lors du dépôt de la demande), c'est le délai de prescription pénal plus long qui s'applique ; ce délai plus long s'étend, selon l'ATF 147 V 417, également aux héritiers du bénéficiaire fautif, étant donné que les dettes de restitution relèvent de la succession universelle du droit des successions et ne présentent pas un caractère pénal strictement personnel. Une remise de la restitution n'est possible qu'en cas de bonne foi prouvée et de grande rigueur économique simultanée, ce qui est catégoriquement exclu en cas de tromperie délibérée des conseillers du RAV.

Conclusion

La mesure du RAV 'soutien à l'activité indépendante' se présente comme un instrument extrêmement efficace et judicieux sur le plan économique, mais particulièrement exigeant sur les plans administratif et juridique au sein de la ALV suisse. L'octroi des 90 indemnités journalières de planification par le service spécialisé AMM du KIGA des Grisons nécessite non seulement la présentation d'un projet sommaire solide et financièrement réfléchi, mais exige également l'exclusion totale de toute faute personnelle causale lors de la résiliation du contrat de travail précédent.

Les futurs entrepreneurs de la région desservie par le RAV Thusis doivent impérativement être conscients de la portée considérable de leurs décisions sur le plan des assurances sociales. Le champ de tension juridique entre le choix de la forme juridique (entreprise individuelle versus Sàrl/SA) et la reconnaissance du statut d'indépendant par la SVA des Grisons comporte des risques financiers existentiels. Ceux-ci vont des rappels de cotisations pour fausse indépendance avérée au blocage des prestations ALV pour les personnes assimilables à un employeur, en passant par la perte irréversible des droits à la caisse de pension en raison du dépassement de délais stricts. Seuls ceux qui effectuent une désinscription dans les règles à la fin de la phase de planification de 90 jours et transfèrent correctement leur activité entrepreneuriale sur le marché bénéficieront de la prolongation de quatre ans du délai-cadre de la ALV, qui sert de filet de sécurité étatique essentiel si le passage à l'indépendance devait, contre toute attente, se soldations par un échec.