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03.08.2026
Série

Peur du risque ? Comment l'indemnité journalière du RAV sabote votre création d'entreprise

La cage dorée du chômage : pourquoi la sécurité financière des indemnités journalières peut être le plus grand obstacle sur la voie d'une véritable indépendance.

Femme d'affaires professionnelle regardant avec détermination vers l'avenir
AI Image

Cet article est la partie 2 de la série « Devenir réellement indépendant après le chômage ».

C'est paradoxal : on a enfin du temps pour saisir l'opportunité du chômage, peut-être pour monter sa propre entreprise – et pourtant, la plupart des gens restent bloqués dans le port sécurisant des obligations de postulation. La raison est simple, mais puissante : la cage dorée des indemnités journalières.

Le système suisse de la caisse de chômage (ALK) et du RAV offre un filet de sécurité confortable. Recevoir ponctuellement sur son compte entre 70 % et 80 % du gain assuré est un privilège. Mais d'un point de vue psychologique, c'est précisément cette sécurité qui peut devenir le plus grand obstacle.

Le piège du confort

Lorsque les indemnités journalières arrivent régulièrement, la pression diminue. Le cerveau signale : « Tout va bien, tu n'as pas besoin de te stresser. » Pour la santé, cela peut être une bonne chose à court terme, mais pour l'ambition de se lancer à son compte, c'est un poison.

Pour créer son entreprise, il faut une certaine pression, une soif de changement ou la nécessité absolue d'avancer. Le RAV enlève cette pression. Le résultat ? On repousse le coup d'envoi. « Je fais encore cette formation. » « J'attends encore une confirmation ferme avant de me désinscrire. » Les mois passent, et l'énergie s'évapore.

La peur de la perte

Un autre saboteur est la classique peur de perdre. Toute personne qui se lance à son compte et se désinscrit du RAV perd son droit aux indemnités journalières pour la période durant laquelle l'entreprise se développe (à moins qu'une mesure FSE ne s'applique, nous y reviendrons dans la prochaine partie).

L'idée de se retrouver soudainement sans revenu garanti bloque de nombreux futurs entrepreneurs. Ils restent dans le système du RAV, postulent « pour la forme » à des emplois dont ils ne veulent pas vraiment, simplement pour ne pas risquer leurs indemnités journalières.

Le prix de la fausse sécurité

Ce qu'on oublie souvent : cette fausse sécurité a un prix énorme.

  1. Perte de focus : Vous ne pouvez pas vous investir à 100 % dans votre nouvelle entreprise si vous devez en même temps rédiger des candidatures et vous rendre aux rendez-vous du RAV.
  2. Blocage de l'état d'esprit : Tant que l'on dépend des aides de l'État, on ne pense et n'agit pas comme un entrepreneur indépendant.
  3. Perte de temps : Les mois passés dans le système du RAV sont souvent du « temps perdu » s'ils ne sont pas utilisés de manière stratégique pour la transition.

Comment briser la cage dorée ?

La première étape est une honnêteté brutale envers vous-même : l'indemnité journalière vous empêche-t-elle de vous donner à fond ?

Si oui, fixez-vous une deadline ferme. Définissez un jour X auquel vous vous désinscrirez du RAV – indépendamment du fait que votre entreprise soit déjà rentable à 100 % ou non. Préparez-vous financièrement (réserves, emploi à temps partiel), mais prenez la décision en toute conscience.

Ce n'est que lorsque le filet disparaît que l'on apprend vraiment à voler.

Dans la prochaine partie de cette série, nous verrons comment vous pouvez utiliser le système du RAV de manière intelligente et légale pour votre création d'entreprise – notamment grâce à la promotion de l'activité indépendante (FSE).